L’échographie n’existant pas à l’époque de ma naissance, les gynécos donnaient des infos sur le sexe de l’enfant à naître en regardant la forme du ventre la mère, plutôt pointu ou plutôt rond, la façon dont elle le portait, plutôt haut ou plutôt bas. Selon cet acte divinatoire je devais être un garçon. Mes parents, ayant pleine confiance en cette science, n’avaient choisi que des prénoms de garçon et je devais m’appeler Daniel. Lorsque je pointe le bout de mon nez, et bien, je suis une fille. Dénégation totale de ma mère. Mon père n’était pas présent car dans les années quarante les futurs papas fumaient leurs clopes à la salle d’attente. Le médecin insiste :
- Vous avez une jolie petite fille, Madame, comment voulez-vous l’appeler ?
- Ça ne peut pas être une fille on n’a pas choisi de prénom de fille, répond ma mère.
A mon avis changer Daniel avec un « l » en Danielle avec deux « ll » aurait pu être envisageable. Je mets ce manque d’imagination sur le compte du stress que venait de subir ma mère. Le médecin insiste à nouveau et comme ma mère avait une très bonne amie prénommée Arlette, c’est le premier prénom qui lui est venu à l’esprit. Je suis très heureuse que cette amie ne se soit pas appelée Cunégonde ou Ambroisine.

Quelques 40 ans plus tard je mets au monde mon unique fille et son prénom avait été choisi depuis quelques années déjà. Lors de mes rêves de maternité il y avait eu Mélanie, Stéphanie et bien d’autres. Mais…

Un jour de printemps avant 1988, avec mon compagnon nous partons en week-end avec notre petit bus camping, nous nous arrêtons sur une de ces places de village de France voisine, carrée, entourée d’arbres et de commerces. Il part faire des provisions seul car je ne me sens pas vraiment bien.
En l’attendant, je presse sur le bouton de l’autoradio et je tombe sur une interview. Je ne sais pas qui l’interroge, mais je suis touchée par la voix de cette femme qui avait un léger défaut de prononciation parlant avec aisance et vivacité, elle tient des propos magnifiques.
Elle a passé plusieurs années avec ses deux fils, séparée de son mari journaliste retenu en otage au Liban. Elle a laissé un peu de côté son métier passionnant de gynécologue afin de se consacrer à la libération de son époux.
Elle raconte sa vie faite de tristesse, mais pas trop car elle est surtout faite de lutte et d’engagement. Elle s’est immergée dans les arcanes de la politique de ce pays, lisant tout ce qui auparavant ne l’avait pas vraiment intéressée, décodant les modes de fonctionnement des chiites, des sunnites, des chrétiens, de tout ce qui pouvait lui permettre de mieux comprendre les pensées de cette contrée lointaine. Elle intarissable et incollable sur toutes les factions engagées dans ce conflit, sur toutes les ramifications religieuses.
Elle raconte comment, pendant des années, à Noël, avec ses deux fils, elle se rend à Beyrouth afin de se trouver près de l’être qui leur manque. Avec ses garçons elle arpente les rues de la ville l’imaginant prisonnier dans l’un des sous-sols des ces immeubles dévastés. Ils tentent de lui faire sentir leurs présences, lui apportant ainsi un peu de réconfort. Elle veut aussi qu’il sache qu’elle se bat pour lui.

Je suis complètement scotchée, elle raconte tout cela avec simplicité, enthousiasme et une grande foi en la vie. Elle est émouvante, courageuse et passionnante. Son intelligence de cœur et d’esprit me fascine pendant toute l’heure que dure l’émission. Pour la personne lambda que je suis, les otages du Liban, on n’est plus très sûr de les revoir un jour. Au moment de l’interview son mari n’est pas encore libéré. C’est une vraie leçon d’espoir.

Mon compagnon revient les bas chargés de bonnes choses et par mime, je lui dis : j’écoute. Il n’est pas question que je manque une parole des propos de cette femme d’exception. Alors il écoute aussi.

Cette femme s’appelle Joëlle Kaufmann, épouse du journaliste Jean-Pierre Kaufmann un des otages retenus au Liban dans les années 80.

Elle a vraiment marqué mon esprit et je me dis : « si un jour j’ai un enfant et que c’est une fille, je la prénommerai Joëlle ». Ce prénom doit avoir de bonnes vibrations et s’il pouvait donner cette force de caractère, ce serait un atout pour toute une vie.

Ma fille s’appelle Joëlle, elle est positive et a du caractère. Son prénom n’est pas dû au hasard, il a été choisi avec amour, il est né d’une grande émotion et il a été approuvé par son papa.

Joëlle aime son prénom et je ne déteste pas le mien. Nos deux prénoms ont l’avantage d’être peu courants.

 

Pourquoi moi ?!

J’ai horreur de ces moments gênants ! Et là, maintenant, tout de suite, j’ai envie de coller une claque à cet individu qui envahit mon espace vital dans le bus. Il est gros et utilise plus que sa part de banquette et il pue le parfum. Mais si ce n’était que ça ! Il ressent le besoin de s’épancher. Donc, il me raconte sa vie, tout en insistant bien sur le fait que je lui rappelle sa fille, qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Je sens la tristesse et le désarroi de ce vieil homme et je me retiens de l’insulter et de me barrer. Du fond de son incontinence verbale cet abruti a réussi à me toucher. Je le hais !
Sa bouche lippue dessine les mots de son monologue interminable… Je le regarde d’un œil morne priant secrètement pour que ça s’arrête…
 Elle est dans la mode ma fille. Et vous, vous aimez la mode ? Je pense que oui. Moi, la mode je n’y comprend rien, ça change sans arrêt et en même temps ça recommence tout le temps. Si ça se trouve je suis à la mode…
Heureusement il ne postillonne pas. Je serre les dents, héroïque. Je me tais car si j’ouvre la bouche, je vais craquer, lui faire du mal. Il n’a pas l’air méchant. Diablement chiant et sans doute très seul. Mais il ne peut pas se douter que je viens à peine d’enterrer mon père. Je ne peux pas le lui dire, car si j’ouvre la bouche, les digues qui contiennent mon chagrin vont se briser et je vais m’effondrer dans ses bras. Et lui, il sera mal. Je le regarde donc placidement, tout en bouillonnant intérieurement pour ne pas céder à la tristesse.
Il se tait et me regarde… Aurait-il posé une question et attend-il ma réponse ? Zut j’espère que ce n’est pas ça, car je n’ai rien écouté. Je suis toujours muette, je tente vaillamment de sourire puis tourne la tête. C’est là que j’aperçois au fond du bus, Claire, une cousine éloignée. Elle m’a vu avant que je me lève pour la rejoindre. Elle vient à grandes enjambée et me dit :
 Sandra, je suis tellement navrée, c’était tellement subit. Toutes mes condoléances, ton père était un homme bien.
Les larmes me montent aux yeux tandis que j’acquiesce légèrement de la tête. J’entends un hoquet de surprise de mon voisin. Je l’observe du coin de l’œil, il s’est décomposé et s’est tellement racorni qu’il utilise moins de la moitié de la banquette. Si j’étais moins mal, j’aurais ri. Je regarde Claire et la remercie, puis me retourne vers l’homme et trouve la force de lui dire.
 Vous ne pouviez pas savoir…
 Ma pauvre et moi qui vous parlait de ma fille qui me manque... j’ai tellement honte.
Il est gêné, rempli de tristesse et de remords. Il me touche encore car il me rappelle un peu mon père. Mon cœur se serre, il est si pathétique que je me force à esquisser un petit sourire pour le rassurer.
Il se lève et cède sa place à Claire qui nous regarde d’un air étonné. Elle n’a rien compris à ce qui s’est passé. Je pose la tête sur son épaule et me détend enfin.

Récit fantastique avec un personnage ambigu, des lapins, des orchidées (et j’ai oublié le réveil qui fait tic-tac) du 8 avril 2017

Manipulation génétique

« Par Isengrin le Maléfique ! Ces lapins vont me rendre fou !
J’avais pourtant bien fermés les clapiers. Qui est venu les ouvrir ? »

Il referma prestement la porte de la grange avant d’avancer dans l’édifice.

- Il y a quelqu’un ici ? cria-t-il. Montrez-vous misérable !
A cause de vous, il va y avoir une quantité épouvantable de lapereaux ! Vous savez à quelle vitesse ça se reproduit un lapin ? C’est absolument démentiel… Deux mille petits par couple en une année…

Il avançait lentement, comme hypnotisé par les mouvements désordonnés de centaines de lapins échappés de leurs clapiers.

- Maintenant, il faut tout que je recommence… Mettre les femelles d’un côté et les mâles de l’autre. Sinon, ils font des petits à n’en plus finir !
Et j’en ai plus qu’assez de toujours croquer du lapin ! J’en ai encore des centaines, surgelés, que je dois vendre…

- Pourquoi avez-vous lâché tous ces foutus fornicateurs ?
Allez, vous avez trois secondes pour vous montrer et venir m’aider à récupérer tous ces rongeurs ! Sinon…
Je ne sais pas ce que je suis capable de faire ! Si je vous trouve moi-même, je vous étripe, je vous écorche vif et vous fais rôtir à petit feu ! Non ! Je vous écrabouille !

Pendant que le rouquin attrapait un grand sac de jute pour y enfouir le plus de bestioles qu’il pouvait, il vociférait et examinait l’intérieur de la grange.

- Montrez-vous bon sang ! Satanés protecteurs des animaux ! Sale ramassis de végétariens ! Vous ne sortirez pas vivants d’ici, c’est moi qui vous le dit !

Il inspecta chacun des recoins de l’édifice tout en saisissant sans ménagement les rongeurs par les oreilles, les pattes, enfin tout ce qui passait à sa portée. Il ne se préoccupait pas des coups de griffes, ni des morsures qui commençaient à lui rougir la main et le poignet.
Il plongeait prestement les bêtes dans le sac. Aussitôt, effrayées par l’obscurité soudaine et les couinements étouffés de leurs congénères, les animaux bougeaient encore, mais au ralenti.

Après avoir rempli un premier sac, il le noua et le jeta contre un des murs de la grange. Il continua sa récolte pendant encore un long moment, remplissant trois sacs supplémentaires, avant de s’octroyer une pause et s’essuyer le front du revers de la main restée indemne.

Les lapins en alerte zigzaguaient dans tous les sens à la recherche d’un endroit où se cacher. Le rouquin ne cessait de surveiller la porte de la grange, certain que son ennemi chercherait à l’ouvrir afin de s’enfuir et permettre aussi à quelques garennes de suivre le même chemin que lui. Mais la porte restait close, les léporidés l’ignoraient complètement et reprenaient leur course effrénée dès que le bipède en colère s’approchait d’eux.
Il suffisait qu’il se dirige vers un mur de la grange pour que les lapins se mettent à courir de manière désordonnée, quitte à passer à sa portée. Il était rapide, sa main se refermait à chaque fois sur un rongeur. Il courait aussi très vite.

Le rouquin respirait la langue pendante. Ses yeux bleus scrutaient l’espace du sol au plafond. Il ne trouvait pas l’intrus qui lui causait tant de rage. Il cherchait à identifier une odeur étrangère mais, à part celle du lapin, de ses fientes, ainsi que celle du foin, il ne sentait rien d’inhabituel.

Dans les sacs, les lapins semblaient progressivement se calmer et trouver une manière de partager le peu d’espace et d’air disponible. Bien qu’il ait clamé son dégoût les concernant, le rouquin ne voulait pas les laisser longtemps dans cette situation. Il grommela pour lui-même que « ces satanées bêtes pouvaient encore en profiter pour copuler ». Il s’approcha de la première rangée de clapiers et constata que tous étaient ouverts. Les fermetures étaient intactes et il n’y avait pas de trace de grignotage des rongeurs. Il n’y avait eu aucun sabotage immédiatement détectable.
Il fit passer quatre lapins à moitié évanouis du premier sac au premier clapier, et continua à répartir ses prises par quatre dans les clapiers qu’il prit soin de fermer soigneusement.

Il lui fallut presque quatre heures à récupérer ses lapins et à les remettre en cage sans se soucier de leur sexe. Remplir et vider les sacs, puis les remplir encore avant de remettre tous les rongeurs derrière les grillages.

Pendant ce temps, il avait échafaudé toutes sortes d’hypothèses sur les causes possibles d’un tel gâchis. Un défaut des fermetures électroniques, ou une baisse de courant qui aurait déclenché leur ouverture simultanée. Mais aucune anomalie n’était enregistrée dans le système électrique.
Les lapins étaient-ils capables d’appuyer sur les fermetures ? Ou un « super lapin » avait réussi à les délivrer et s’était aussitôt évaporé. Il pouvait aussi se dissimuler parmi ses congénères, prêt à s’évader à nouveau.

Il avait passé en revue ses voisins pour tenter de deviner lequel avait eu l’intention de mettre son élevage en danger. Et pourquoi lui nuire ? A lui ?
Est-ce qu’on cherchait à le punir d’élever des lapins pour les manger ou les vendre à un volailler ?

Il s’était remémoré les endroits où il avait vu ses quatre enfants ces dernières heures. Lequel était resté seul dans la grange ? A quoi étaient-ils tous occupés ?
Il refusait de penser que la trahison venait de la chair de sa chair. Mais l’un d’eux pouvait en avoir assez de manger du lapin…
Il n’avait qu’à aller chasser du gibier lui-même s’il n’était pas content du régime de la maison !
Non, ses enfants, comme sa compagne, pouvaient s’exprimer librement et lui dire qu’ils ne voulaient plus en manger. Il ne les forçait jamais…

Lorsqu’il eut enfin remis tous les rongeurs dans les clapiers, il était épuisé. Il soufflait fort et était trempé de sueur. Il avait dénoué le foulard qui pendait à son cou et épongeait le sang qui coulait de sa main et de son bras.

Il avait envie de tout envoyer promener. Il était en colère, mais aussi découragé, accablé. Il voulait quitter cette vie. Laisser là non seulement l’élevage de lapins, mais chacune de ses activités : son élevage d’esturgeons et de pigeons ramiers, ses cultures de vers à soie, d’orchidées et de nénuphars.

Sa femme et ses enfants n’avaient qu’à s’en occuper eux-mêmes. Ils sauraient très bien le faire. Lui en avait assez !
Les frustrations de ces dernières années lui revenaient en tête.
Il avait dû tout apprendre de cette nouvelle vie en quelques mois. Il avait travaillé de toutes ses forces pour développer son entreprise et construire les bâtiments nécessaires à ses projets. Sans jamais prendre de repos. Que des choses nouvelles pour lui et sa femme. Elle n’était pas en reste d’ailleurs.
Ils avaient dû apprendre à vivre dans une maison, à faire la cuisine et une foule d’activités dont ils n’avaient aucune idée avant leur transformation.
Il s’était toujours efforcé d’être un mari aimant, un père bienveillant et aimé. C’était toujours dans sa nature.
Jusque-là, il avait triomphé de chaque difficulté. Il avait surmonté tous les obstacles rencontrés.

Et cet après-midi, un rien…
Non !… une catastrophe, remettait tout en jeu !
Avait-il perdu son temps à gagner sa vie de cette façon ? Devait-il suivre une autre voie ? Il avait juste envie de glapir…

La porte de la grange s’ouvrit alors. Il vit apparaître sa femme dans l’embrasure. Elle découvrait son époux ensanglanté, la fourrure ébouriffée, les yeux noyés de larmes. Il était couvert d’excréments quasiment de la tête aux pieds.
La rouquine avait écarquillé les yeux et ouvert sa bouche de surprise, avant de pouvoir trouver quelque chose à dire :
- Mais mon chéri, que t’est-il arrivé ?
- C’est toi qui as ouvert les clapiers ? dit-il en se tournant vers sa compagne.
- Par Kitsune ! Pourquoi j’aurais fait une telle chose, mon chéri ?

Il commençait à sangloter : « Je ne sais pas… tu en avais peut-être assez de manger du lapin ? »

- Mais mon cœur, même si j’en ai effectivement marre de manger du lapin, je ne ferai jamais un tel geste. En tous cas pas sans t’en parler.
Tous les lapins étaient dehors et tu les as remis dans les clapiers sans les trier ? Et tu n’as pas pensé à m’appeler pour que je vienne t’aider ?

La rouquine s’approcha de son époux, le pris doucement par le bras.
- Viens avec moi, allons soigner ta main, ensuite nous tenterons de tirer tout ça au clair.

Le roussot essuya une larme au coin de son museau et, avant de suivre sa femme, jeta un regard circulaire sur la grange, du sol au plafond. Il s’attarda sur les premières rangées de clapiers dans lesquels les lapins récupéraient de leur tentative de fuite. Il ferma brièvement les yeux en voyant le premier couple en action, et soupira longuement.

Au moment de passer la porte et de la fermer soigneusement, il dit :
- Ma chérie, là tout de suite, je crois que nous n’aurions jamais dû changer de vie. Nous étions si bien dans notre terrier. Pourquoi avons-nous accepté de vivre comme des humains ? Devenir des « éleveurs » comme ils disent ?

- Mais parce que, mon chéri, notre dernier terrier, et celui de nos amis, a disparu sous les pelleteuses. Ils ont tous été recouverts par une énorme dalle de béton, tu le sais bien.
Et que nous n’avions plus le choix que de nous adapter ou mourir.
Après nous avoir capturés, les humains nous ont installés dans des cages. Nos voisins étaient eux aussi en cage. Rappelle-toi notre terreur !
Lorsque les hommes nous ont annoncé qu’ils allaient modifier certains de nos gènes pour supprimer ceux qui faisaient de nous des « nuisibles » nous avons tous accepté. Cela a décuplé notre effroi, je te l’accorde. Mais quel autre choix avions-nous ?
Et maintenant, il faut bien pouvoir payer le loyer d’un lopin de terre et d’une vieille ferme que les humains nous ont laissés sous prétexte que nous portons encore une partie de gènes de goupils.

 

Version de la fille

Par cet après midi grisouille, la pluie bat les carreaux de la véranda, le vent fait ondoyer les branches du saule pleureur de la cour. Quelques vélos sont rangés sous l’auvent de l’appentis, ils ne feront certainement aucune sortie aujourd’hui, leurs propriétaires ne sont pas assez courageux pour affronter les intempéries.

Moi-même, j’ai annulé un rendez-vous peu important car enfourcher ma bicyclette ne me chantait guère. J’ai attrapé un vieil album de photos qui m’a plongée dans mes douloureux souvenirs d’enfance. Un cliché en particulier a ranimé une forte émotion. Je dois avoir 6 ans, je suis sur le épaules de mon papa, je me tiens fermement à son front et lui tient mes jambes. Je suis en toute sécurité sur mon grand « cheval » et pourtant ma maman me regarde, inquiète, les bras prêts à me rattraper. Il y a tout l’amour et la sécurité que m’offraient mes parents dans ces gestes. La photo a été prise par ma tante qui riait, tout en l’enviant, de l’inquiétude de ma mère, car elle, elle n’avait pas d’enfant. Souvenirs heureux et très lointains.

Son coiffeur était formel, si elle perdait beaucoup de cheveux c'est qu'il c'était passé quelque chose d'important, de grave, bref de fortement émotionnel trois ou six mois auparavant.